Bien en zone PPRI à Marseille

En bref : Un bien en zone PPRI (risque inondation) à Marseille peut se vendre malgré un refus d’assurance : l’état des risques (ERP) doit être remis à l’acquéreur, et la décote constatée va de 10 à 18 % selon le niveau d’aléa. GNE Immobilier achète les biens en zone de risque en l’état, avec une offre qui intègre les travaux de mise en sécurité et les contraintes d’assurance.

Mis à jour le 26 octobre 2026 par L’équipe GNE Immobilier

Un couple visite votre T3 du 7ᵉ arrondissement un samedi matin. Tout se passe bien jusqu’à ce que l’épouse ouvre le dossier de diagnostics posé sur la table basse et tombe sur la mention « zone d’aléa fort, PPRI Vieux-Port-Joliette ». Le ton change. Trois jours plus tard, leur courtier les rappelle pour leur dire que deux assureurs ont déjà refusé le devis et que le troisième propose une prime annuelle de 1 480 €, exclusion totale du sous-sol comprise. L’offre que vous attendiez ne viendra jamais. Et ce scénario, à Marseille, n’a rien d’exceptionnel : il se rejoue chaque semaine dans les rues du quartier de la Joliette (13002), autour du Vieux-Port (13007), sur le littoral de la Pointe Rouge (13008) ou le long du ruisseau des Aygalades et de la Caravelle à Saint-Marcel (13011).

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Ce guide explique précisément ce que recouvrent les sigles PPRI, PPRN et PPRL, ce que vous devez à l’acquéreur au titre de l’État des Risques (ERPS), comment réagir face à un refus d’assurance, quel ordre de grandeur de décote attendre selon le classement de votre zone, et pourquoi un rachat direct par un marchand de biens reste, dans bien des cas, la seule issue rapide et nette.

Ce que dit la loi : PPRI, PPRN, PPRL et la base de l’article L. 562-1

L’article L. 562-1 du Code de l’environnement donne au préfet le pouvoir d’arrêter, par commune ou bassin de risque, un Plan de Prévention des Risques naturels prévisibles (PPRN). Lorsque l’aléa étudié est l’inondation continentale (crue, ruissellement, débordement de cours d’eau), on parle de PPRI. Lorsqu’il s’agit de submersion marine ou d’érosion côtière, on parle de PPRL.

Le document est cartographique. Il découpe le territoire communal en zones repérées par des couleurs dont le sens, à Marseille comme ailleurs dans les Bouches-du-Rhône, reste le même : rouge pour l’aléa fort assorti d’une inconstructibilité de principe (les seuls travaux autorisés visent la mise en sécurité du bâti existant), orange pour l’aléa modéré avec constructibilité encadrée par des prescriptions lourdes (cote plancher, batardeaux, électricité hors d’eau, clapets anti-retour), jaune ou bleue pour l’aléa faible avec prescriptions allégées. Le PPR est annexé au Plan Local d’Urbanisme intercommunal (PLUi) d’Aix-Marseille-Provence et il est opposable à toute personne qui construit, modifie ou vend.

À Marseille intra-muros, les périmètres qui pèsent sur le marché ne sont pas ceux des grands fleuves : ce sont les PPRI du Jarret et de l’Huveaune (qui touchent une partie du 4ᵉ, du 10ᵉ, du 11ᵉ et du 12ᵉ), le PPRI ruissellement urbain Vieux-Port-Joliette (frange du 13002 et du 13007) et le PPRL du littoral sud (13008 Prado-Pointe Rouge-Madrague de Montredon, 13009 Vieille-Chapelle). Les zones basses de l’Estaque, souvent évoquées, relèvent du 13016, hors de notre périmètre d’intervention strict.

L’ERPS : ce que vous devez remettre à l’acquéreur, et le risque si vous l’oubliez

Depuis la loi du 30 juillet 2003 et son renforcement par la loi Climat et Résilience du 22 août 2021, l’État des Risques et Pollutions, appelé désormais ERPS, est obligatoire dès l’annonce. La loi de 2021 a élargi le champ aux risques liés au recul du trait de côte et au radon, et a avancé la remise du document : il doit figurer dès la première visite, et non plus seulement à la signature de la promesse. Le fondement reste l’article L. 125-5 du Code de l’environnement, complété par les articles R. 125-23 et suivants.

Concrètement, le vendeur établit un imprimé Cerfa (n° 1381905 dans sa version courante) à partir de la fiche communale, consultable en mairie ou téléchargeable sur le portail Géorisques. Le document doit avoir moins de six mois à la date de la signature de l’acte. Il faut y joindre une déclaration des sinistres indemnisés au titre de la garantie catastrophe naturelle* dont le bien a fait l’objet pendant que vous en étiez propriétaire.

L’oubli ou l’inexactitude expose à une sanction lourde : selon l’article L. 125-5 V du Code de l’environnement, l’acquéreur peut demander, devant le tribunal judiciaire, soit la résolution de la vente, soit une diminution du prix, et il dispose pour cela d’un délai qui se compte en années. Plusieurs décisions de la cour d’appel d’Aix-en-Provence ont retenu, ces dernières années, des baisses de prix de 8 à 15 % au seul motif que l’ERPS minimisait l’historique de sinistralité du bien.

Marseille intra-muros : où se concentre vraiment le risque

La frange portuaire 13002 (Joliette, Arenc, Les Docks)

Le quartier a beau être en pleine recomposition urbaine, les rues qui descendent vers le bassin de la Grande Joliette restent classées en aléa modéré à fort pour le ruissellement pluvial intense. La topographie en cuvette derrière les Terrasses du Port concentre les eaux lors des épisodes méditerranéens. Le PPRI ruissellement, prescrit par le préfet en 2019, est entré en application en plusieurs vagues. Pour un T3 ancien en rez-de-chaussée rue de la République côté pair, attendez-vous à des surprimes systématiques sur le sous-sol et la cave.

Vieux-Port et bas du 13007 (Saint-Victor, Endoume)

Les rues qui plongent vers le port (Sainte, Saint-Saëns, Fort-Notre-Dame) combinent ruissellement et risque de remontée par le réseau pluvial. Le 13007 cumule en plus, sur sa façade littorale (Vallon des Auffes, Malmousque, Anse de Maldormé), un classement PPRL pour la submersion marine en cas de tempête sud-est.

Pointe Rouge, Madrague de Montredon, Vieille-Chapelle (13008-13009)

C’est la zone la plus exposée au PPRL en intra-muros. Les rez-de-chaussée et garages situés sous la cote NGF de référence (variable selon le tronçon, généralement autour de 2,40 à 2,80 m) tombent quasi systématiquement en aléa fort. Les assureurs y appliquent des grilles défavorables depuis les tempêtes de l’hiver 2019-2020 et le coup de mer de janvier 2024.

Saint-Marcel et la Caravelle (13011)

Le ruisseau de la Caravelle, affluent rive droite de l’Huveaune, déborde en moyenne une fois tous les sept à dix ans. La crue du 4 octobre 2021 a remis sous les projecteurs une bande de quelques centaines de mètres de part et d’autre de son lit, classée orange au PPRI Huveaune révisé en 2022. Les pavillons des années 1960-1970 le long du chemin de la Sablière et de la Vieille Chapelle y sont particulièrement sensibles.

À l’échelle de la commune, Géorisques recense environ 25 000 logements situés dans un périmètre d’aléa inondation, tous niveaux confondus. Le coût moyen d’un sinistre habitable, observé par la Caisse Centrale de Réassurance sur la période 2018-2024, s’établit entre 15 000 et 45 000 € par logement marseillais selon la hauteur d’eau et la durée de submersion. Ces chiffres expliquent la prudence croissante des compagnies d’assurance, qui ont relevé leurs grilles tarifaires entre 2022 et 2025 et resserré les conditions d’acceptation, en particulier sur les biens de rez-de-chaussée non rehaussés.

Refus d’assurance habitation : ce que vous pouvez réellement faire

C’est devenu le vrai point dur de la transaction. Un acquéreur qui finance par crédit ne peut pas signer sans assurance multirisques habitation incluant la garantie catastrophe naturelle (la loi de 1982 la rend obligatoire dès qu’il existe un contrat MRH). Si trois ou quatre assureurs refusent, la vente cale.

L’outil de dernier recours existe : le Bureau Central de Tarification (BCT), prévu à l’article L. 125-6 du Code des assurances. Le principe est simple. Vous saisissez le BCT après deux refus écrits d’assureurs, vous transmettez l’ensemble de votre dossier (devis refusés, plans, ERPS, historique de sinistres), et le BCT impose à un assureur de votre choix une tarification. En pratique, la procédure prend trois à cinq mois, la prime fixée reste très élevée, et la lecture du dossier reste défavorable aux yeux des banques. Très peu d’acquéreurs particuliers acceptent d’engager cette démarche pour un bien dont ils ne sont pas encore propriétaires.

Le fonds Barnier (Fonds de Prévention des Risques Naturels Majeurs, géré par la Caisse Centrale de Réassurance) peut, lui, financer une partie des travaux de réduction de la vulnérabilité (batardeaux, rehaussement des installations électriques, clapets anti-retour, étanchéité périphérique) à hauteur de 80 % pour les particuliers dans le cadre d’un PPR approuvé, dans la limite de 36 000 € par bien. Le dossier se monte auprès de la DDTM 13. C’est utile pour valoriser un bien que vous comptez conserver. C’est rarement décisif pour boucler une vente bloquée, car la procédure prend plus de temps que la patience d’un acquéreur.

Décote : à quoi vous attendre selon le zonage

Les ordres de grandeur observés sur le marché marseillais en 2024-2026, à partir de nos propres dossiers et des données de notaires partenaires, restent assez stables.

Zone jaune ou bleue (aléa faible, prescriptions allégées) : la décote oscille entre 5 et 10 % par rapport à un bien identique en zone blanche. Elle peut être absorbée par une présentation soignée si le bien est par ailleurs en bon état et si aucun sinistre n’a été déclaré.

Zone orange (aléa modéré, constructibilité conditionnée) : la décote se situe entre 10 et 18 %, montée à 15-20 % quand des travaux PPR restent à faire et que le devis dépasse 8 000 €.

Zone rouge (aléa fort, inconstructibilité de principe) : la décote atteint 20 à 35 %, parfois davantage si un sinistre récent figure dans l’historique ou si le bien est un rez-de-chaussée non rehaussable.

Un sinistre catastrophe naturelle survenu dans les dix dernières années ajoute en moyenne 5 à 15 points de décote supplémentaires, indépendamment du zonage, parce que la mémoire du fichier sinistres de l’AGIRA suit le bien et complique l’assurance des occupants suivants.

Trois dossiers concrets traités à Marseille

Marseille 13002, rue de Forbin, T2 de 38 m² en rez-de-chaussée. Bien classé en aléa modéré au PPRI ruissellement Vieux-Port-Joliette. La vendeuse, héritière, avait fixé son prix à 168 000 € au vu des comparables du quartier. Deux ventes successives ont échoué en juin et septembre 2024, à chaque fois pour le même motif : refus d’assurance habitation par l’assureur du candidat acquéreur, puis impossibilité d’obtenir une couverture acceptable malgré la saisine du BCT entamée par le second. Le dossier nous a été présenté en décembre 2024. Audit Géorisques, lecture des plans de cuvelage, devis de travaux PPR à 6 200 € (batardeaux, surélévation du tableau électrique, clapets sur évacuations). Offre ferme à 142 000 €, signature de l’acte sept semaines plus tard, sans condition suspensive de prêt ni d’assurance.

Marseille 13008, traverse Prat, maison de 95 m² avec garage en sous-sol. Le bien donnait sur la calanque de la Madrague de Montredon, en zone orange au PPRL avec une partie du garage en zone rouge en raison de la submersion marine de référence. Le couple vendeur avait subi le coup de mer de janvier 2024 (28 000 € d’indemnisation cat-nat, garage et chaudière touchés). Trois agences mandatées sur huit mois, neuf visites, aucune offre tenable. Rachat à 312 000 € contre une valeur en zone blanche estimée à 395 000 € pour un bien équivalent. Les travaux de réduction de vulnérabilité (rehaussement de la chaudière, étanchéité de la porte de garage, batardeau hydraulique) ont été chiffrés et intégrés dans notre montage.

Marseille 13011, chemin de la Vieille Chapelle, pavillon de 110 m² à Saint-Marcel. Bordure du ruisseau de la Caravelle, zone orange PPRI Huveaune. Sinistre de 35 cm d’eau en octobre 2021, indemnisé 22 000 €. L’historique a fait fuir trois acquéreurs successifs courant 2025. Quatre assureurs ont refusé la souscription du dernier candidat. Le propriétaire, retraité, ne pouvait pas se permettre quatorze mois de portage supplémentaire. Rachat à 258 000 € (valeur saine estimée 305 000 €), signature en huit semaines, libération immédiate du compte indivis avec sa sœur.

Vendre directement à GNE Immobilier : comment cela se passe

GNE Immobilier est marchand de biens à Marseille, titulaire de la carte professionnelle T délivrée par la CCI Aix-Marseille-Provence, garantie financière Galian, RCP MMA, et exerce dans le cadre de la loi Hoguet n° 70-9 du 2 janvier 1970. Nous achetons régulièrement en zone PPRI et PPRL parce que nous savons sortir un bien d’une situation que le marché classique ne sait plus traiter.

La méthode tient en quatre étapes. D’abord un audit risque : consultation Géorisques, lecture des plans de zonage PPR annexés au PLUi, examen sur place des dispositifs déjà installés et de ceux qui manquent. Ensuite un chiffrage des travaux PPR intégré au prix d’achat : il ne s’agit pas d’une négociation à l’aveugle mais d’un calcul transparent. Puis une offre ferme remise par écrit, sans condition suspensive d’assurance ni de prêt. Enfin, une signature notariée sous six à dix semaines auprès de l’office que vous choisissez, ou de l’un de nos partenaires habituels au sein du barreau marseillais des notaires.

Pourquoi nous pouvons acheter là où les particuliers reculent ? Parce que nous achetons pour conformer, sécuriser et revendre. Nos chantiers intègrent dès l’origine les prescriptions du PPR, nos assurances décennales et dommages-ouvrage couvrent les aléas du programme, et nos partenaires bancaires connaissent notre antériorité sur ce type d’opérations.

Un bien classé en zone PPRI ou PPRL n’est jamais invendable, contrairement à l’impression que laissent quelques semaines de visites infructueuses. Il appelle simplement un acheteur qui sait lire un zonage, chiffrer des travaux de réduction de vulnérabilité, et signer sans condition d’assurance. Si votre situation correspond à ce que vous venez de lire, notre service rachat rapide vous remet une estimation gratuite sous 72 heures et une offre ferme dans la foulée, avec une visite de l’équipe à Marseille intra-muros sous huit jours ouvrés.

Pour aller plus loin

FAQ : les questions que se posent les vendeurs en zone PPRI ou PPRL

1. Mon bien est en zone bleue, dois-je tout de même fournir un ERPS ? Oui. Dès lors que la commune fait l’objet d’un PPR approuvé ou prescrit, l’ERPS s’impose, quel que soit le classement précis de votre parcelle, y compris si elle est en zone blanche. L’omettre expose à une action en diminution de prix ou en résolution sur le fondement de l’article L. 125-5 V du Code de l’environnement.

2. Puis-je vendre sans avoir réalisé les travaux PPR obligatoires ? Juridiquement, oui. Le PPR impose des travaux dans un délai (généralement cinq ans à compter de son approbation) et dans la limite de 10 % de la valeur vénale du bien (article R. 562-5 du Code de l’environnement). Mais l’acquéreur informé déduira systématiquement le coût des travaux non faits, augmenté d’une marge de prudence.

3. L’acquéreur peut-il vraiment imposer à un assureur de le couvrir grâce au BCT ? Oui, le Bureau Central de Tarification peut imposer la souscription à un assureur du marché français, mais seulement après refus écrit de deux compagnies, sur un dossier complet. La procédure prend trois à cinq mois et la prime fixée reste élevée. Peu d’acquéreurs particuliers s’y engagent avant signature.

4. Le fonds Barnier peut-il financer mes travaux avant la vente ? Le fonds Barnier prend en charge jusqu’à 80 % des travaux de réduction de vulnérabilité prescrits par le PPR, dans la limite de 36 000 € par bien, pour les particuliers. La constitution du dossier auprès de la DDTM 13 est exigeante et le calendrier dépasse souvent la temporalité d’une vente.

5. Quel est le délai de prescription de l’action de l’acquéreur en cas d’ERPS défectueux ? L’action se prescrit par cinq ans à compter de la découverte du vice par l’acquéreur, dans la limite de vingt ans à compter de l’acte. Un ERPS qui passe sous silence un sinistre cat-nat reste donc une bombe à retardement pendant toute cette période.

6. Mon assureur peut-il me résilier après un sinistre inondation ? Oui, à l’échéance annuelle, et avec un préavis de deux mois. Il peut aussi maintenir le contrat en majorant la prime ou en excluant certaines garanties (caves, sous-sols, dépendances). Vous devez signaler ce sinistre dans l’ERPS lors de la mise en vente.

7. À combien estimer la décote sur un T2 du 13002 en zone orange sans sinistre ? Sur les comparables 2024-2026 que nous suivons à la Joliette, la décote moyenne se situe entre 12 et 16 % par rapport à un bien identique en zone blanche, hors travaux PPR à réaliser. Avec un devis de batardeaux et de protection électrique de 6 à 8 000 €, l’écart monte à 18-22 %.

8. Combien de temps mettez-vous pour racheter, concrètement ? Première estimation orale sous 72 heures à partir de la prise de contact. Visite et audit risque dans la semaine qui suit. Offre ferme écrite sous quinze jours. Signature notariée sous six à dix semaines en moyenne. Le calendrier dépend principalement de la mainlevée des éventuelles inscriptions hypothécaires et de la disponibilité du notaire.


Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Où se concentrent les zones PPRI à Marseille ?

Vieux-Port, Huveaune (10e, 11e), Aygalades (15e) et quelques secteurs littoraux soumis au PPRL.

Que faire en cas de refus d’assurance ?

Saisir le Bureau central de tarification, qui peut imposer à un assureur de couvrir le bien.

Quelle décote prévoir ?

De 10 à 18 % selon l’aléa (faible, moyen, fort) et l’historique des sinistres.

07 60 66 74 38