Quand vous vendez un appartement en copropriété à Marseille, la règle est simple : les charges exigibles avant la signature de l’acte restent à votre charge, celles exigibles après passent à l’acquéreur, et le fonds de travaux ALUR reste attaché au lot, il ne vous est pas remboursé. Les appels de fonds pour travaux votés suivent la même logique d’exigibilité, sauf si l’acte prévoit autre chose. C’est ce « sauf si » qui fait dérailler tant de ventes marseillaises dans des copropriétés à gros travaux.
Charges de copropriété à la vente : qui paie quoi, concrètement
Les charges courantes
Les appels trimestriels du budget prévisionnel : entretien, ascenseur, eau, assurance, honoraires de syndic. La règle est celle de l’exigibilité. L’appel exigible avant la signature de l’acte est dû par le vendeur en totalité, même si la vente intervient trois jours après ; celui exigible après est dû par l’acquéreur.
Le notaire procède ensuite à une répartition « au prorata temporis », sur la base du décompte du syndic. C’est un arrangement contractuel, pas une obligation légale : pour le syndicat des copropriétaires, le débiteur reste le copropriétaire à la date d’exigibilité.
Les travaux votés en assemblée générale
Même principe. Une assemblée peut avoir voté un ravalement en mars, avec un appel en juin, un autre en octobre et un solde l’année suivante. Vous vendez en juillet : vous payez le premier appel, l’acquéreur paie les suivants.
Si des appels de fonds restent dus au syndic, voyez comment vendre un bien avec des charges de copropriété impayées à Marseille.
Si des appels de fonds restent dus au syndic, voyez comment vendre un bien avec des charges de copropriété impayées à Marseille.
C’est là que la négociation démarre. L’acquéreur découvre dans le pré-état daté qu’il devra sortir plusieurs milliers d’euros pour un ravalement voté avant son arrivée, et demande une décote équivalente. Les parties peuvent convenir dans l’acte que le vendeur prend en charge la totalité des travaux votés, ou qu’un séquestre est constitué chez le notaire. Ces clauses ne sont pas opposables au syndic, qui appellera les fonds auprès du copropriétaire inscrit.
Le fonds de travaux ALUR
Le poste le plus mal compris. Depuis la loi ALUR, la copropriété doit alimenter un fonds de travaux d’au moins 5 % du budget prévisionnel annuel. Les sommes versées, parfois pendant dix ans, sont attachées au lot et non à la personne. En vendant, vous ne récupérez rien : l’acquéreur hérite d’un fonds que vous avez abondé.
Une seule échappatoire : prévoir dans l’acte une indemnisation du vendeur au titre du fonds constitué. C’est légal et cela se pratique, mais cela se négocie. Posez la demande dès le compromis, chiffrée, relevé du syndic à l’appui.
Pré-état daté et état daté : deux documents, deux moments, deux coûts
Le pré-état daté, remis à l’avant-contrat, informe l’acquéreur de la situation financière du lot : charges des deux derniers exercices, sommes restant dues, travaux votés non encore appelés, état du fonds de travaux. Son prix est libre : les syndics marseillais le facturent couramment 150 à 400 €.
L’état daté intervient à l’acte. Demandé par le notaire au syndic, il fixe précisément les comptes à la date de la vente. Son tarif est plafonné à 380 € TTC. Les deux sont à la charge du vendeur.
Un détail d’organisation qui coûte cher : certains syndics mettent trois à six semaines à fournir ces documents. Si vous visez une vente rapide, demandez le pré-état daté avant même d’avoir un acquéreur. Notre guide pour vendre un bien dégradé à Marseille revient sur cette préparation documentaire.
Et la taxe foncière ?
Elle est due en totalité par le propriétaire au 1er janvier. L’usage, repris dans quasiment tous les actes, est une répartition au prorata du temps de détention. Vérifiez que la clause figure au compromis : ce n’est pas automatique.
Recevez une offre d’achat ferme sous 48 h. Votre copropriété a voté des travaux lourds, ou vos charges sont en retard ? Décrivez-nous la situation via notre formulaire de contact, ou appelez-nous au 07 60 66 74 38. Nous achetons en l’état, sans commission ni condition de prêt.
Les pièges des copropriétés marseillaises à gros travaux
Une grande partie du parc du centre et des quartiers péricentraux cumule un bâti ancien et des années de sous-investissement. La Ville recense 87 grandes copropriétés de plus de 80 lots fragiles ou dégradées, et neuf ensembles en programme de redressement. Les assemblées votent donc aujourd’hui des programmes lourds.
Le ravalement et l’ABF
Un ravalement sur un immeuble à trois fenêtres du 1er, du 2e ou du 6e arrondissement n’a rien à voir avec celui d’une barre des années 1970. Pierre de Cassis, moulurations, ferronneries, prescriptions de l’Architecte des Bâtiments de France en secteur protégé : le budget grimpe vite, les délais d’instruction aussi.
L’ascenseur, l’amiante et l’isolation
Les immeubles des années 1960-1970 arrivent au bout de leurs équipements : ascenseur, colonnes montantes, électricité des communs, amiante possible avant 1997. S’y ajoute le calendrier DPE (location interdite pour les G depuis le 1er janvier 2025, les F au 1er janvier 2028, les E au 1er janvier 2034) qui pousse aux isolations par l’extérieur et aux changements de chauffage collectif. Entre le vote et la fin des appels de fonds, un lot devient difficile à vendre à un particulier.
ORCOD-IN et copropriétés sans syndic
Quatre sites marseillais sont en ORCOD-IN (Rosiers, Mail, Maurelette, Consolat) 2 618 logements, environ 9 200 habitants, décrets validés par le Conseil d’État le 16 décembre 2025. Vendre un lot y reste possible, mais le marché des particuliers y est quasi inexistant : voyez notre article sur les copropriétés dégradées en ORCOD-IN.
Autre cas fréquent dans les petits immeubles du centre : la copropriété sans syndic. Personne ne peut alors établir le pré-état daté. La vente reste possible par attestation, mais la plupart des acquéreurs et de leurs banques reculent, et le rétablissement passe par le tribunal.
Les erreurs que nous voyons le plus souvent
- Vendre juste après un vote de travaux sans le dire. L’information figure dans le pré-état daté et les procès-verbaux : elle sortira. Annoncez-la et intégrez le sujet au prix dès le départ.
- Croire que le fonds de travaux sera remboursé. Il ne l’est pas, sauf clause négociée. Beaucoup l’apprennent la veille de l’acte.
- Attendre le pré-état daté au dernier moment. Un délai syndic de cinq semaines suffit à faire expirer l’offre de prêt d’un acquéreur.
- Négliger les impayés de charges. Le syndic peut faire opposition sur le prix entre les mains du notaire. Vendre n’efface rien.
- Oublier la clause de répartition de la taxe foncière dans le compromis.
- Sous-estimer l’effet d’un budget de charges élevé. À surface et quartier identiques, un lot très chargé se vend moins cher et plus lentement.
Comment un marchand de biens traite les travaux votés
GNE Immobilier achète directement, pour rénover et revendre. Cela change la façon d’aborder un dossier chargé en travaux votés.
D’abord, nous ne cherchons pas à faire disparaître le sujet : nous le chiffrons. Procès-verbaux des trois dernières assemblées, carnet d’entretien, budget prévisionnel, état du fonds : le reste à appeler entre dans notre calcul comme les travaux privatifs. Un ravalement voté n’est pas un obstacle, c’est une ligne de coût.
Ensuite, nous prenons position sur la répartition dans l’acte. Selon les cas, nous reprenons à notre charge les appels de fonds futurs : le prix d’achat en tient compte. C’est écrit et chiffré avant que vous signiez.
Enfin, nous n’avons pas besoin de prêt : pas de condition suspensive, donc pas de banque qui découvre un pré-état daté inquiétant trois semaines avant l’acte et retire son offre. Sur les copropriétés à gros programmes, c’est souvent la différence entre une vente qui se fait et une vente qui traîne. Nous détaillons ce fonctionnement dans notre guide du statut de marchand de biens.
La contrepartie : la décote
Nous ne vendons pas un miracle. Acheter en l’état, comptant, avec les travaux votés à assumer, suppose une décote par rapport au prix qu’atteindrait le bien rénové, vendu à un acquéreur non pressé. Elle se situe généralement entre 10 et 25 % selon l’état, l’occupation et le délai souhaité, et couvre les travaux, le portage, la fiscalité (TVA sur marge, engagement de revente de l’article 1115 du CGI) et notre marge.
En face : une offre écrite sous 48 h après visite, un acte en trois à six semaines si le dossier est prêt, zéro commission, aucune condition de prêt, aucune visite à organiser. Si vous hésitez entre les deux logiques, lisez notre comparatif vendre rapidement ou au meilleur prix.
Ce que nous rachetons dans ce cas de figure
Les dossiers les plus fréquents : appartements des 1er, 2e, 3e et 5e arrondissements avec ravalement voté et façade sous prescriptions ; lots des années 1960-1970 des 10e, 13e, 14e et 15e avec ascenseur à remplacer ; petits immeubles du centre sans syndic ; lots dont le propriétaire accumule des impayés et veut sortir avant que cela s’aggrave. Nous regardons aussi les immeubles entiers quand la copropriété est bloquée.
Sur la rédaction des clauses, c’est votre notaire qui a le dernier mot. Les fiches de notaires.fr et de service-public.fr détaillent le cadre légal.
Recevez une offre d’achat ferme sous 48 h. Travaux votés, charges impayées, syndic défaillant : nous achetons des lots que d’autres refusent. Demandez votre offre d’achat, ou appelez-nous au 07 60 66 74 38. Réponse rapide, sans engagement et sans commission.
Questions fréquentes
Qui paie les travaux votés avant la vente d’un appartement ?
Chaque appel de fonds est dû par celui qui est copropriétaire à sa date d’exigibilité. Les travaux votés avant la vente mais appelés après l’acte sont donc à la charge de l’acquéreur, sauf clause contraire. Vendeur et acquéreur peuvent convenir d’une autre répartition, d’un séquestre ou d’une décote : cette convention vaut entre eux, pas vis-à-vis du syndic.
Le fonds de travaux ALUR est-il remboursé au vendeur ?
Non. Les sommes versées au fonds de travaux sont attachées au lot, pas au copropriétaire : elles restent acquises à la copropriété et bénéficient à l’acquéreur. La seule façon d’en récupérer une partie est de faire figurer une indemnisation dans l’acte. Posez la question dès le compromis, relevé du syndic à l’appui.
Combien coûtent le pré-état daté et l’état daté à Marseille ?
Le pré-état daté, remis à l’avant-contrat, est à prix libre : comptez souvent 150 à 400 € selon le syndic. L’état daté, établi pour l’acte, est plafonné à 380 € TTC. Les deux sont à la charge du vendeur. Anticipez : certains syndics marseillais mettent plusieurs semaines à répondre.
Peut-on vendre avec des charges de copropriété impayées ?
Oui. Mais le syndic peut former opposition sur le prix entre les mains du notaire pour recouvrer les sommes dues, prélevées avant tout versement au vendeur. Vous ne pouvez donc pas solder vos impayés en vendant discrètement. Signalez-les dès le départ : cela évite de bloquer la signature.
Qui paie la taxe foncière l’année de la vente ?
Légalement, le propriétaire au 1er janvier reste redevable de la totalité auprès de l’administration fiscale. En pratique, l’acte prévoit presque toujours une répartition au prorata du temps de détention, l’acquéreur remboursant sa part. Vérifiez que la clause figure au compromis : elle n’est pas automatique.
Un gros programme de travaux fait-il fuir les acheteurs à Marseille ?
Souvent, oui, surtout les particuliers financés par un prêt : la banque intègre les appels de fonds à venir dans le plan de financement et peut refuser le dossier. C’est pourquoi les lots en copropriété à travaux lourds se vendent lentement. Un acheteur professionnel qui paie comptant lève cette difficulté.
Par l’équipe GNE Immobilier, marchand de biens à Marseille.
Pour aller plus loin
- Vendre un bien avec des charges de copropriété impayées
- Comparateur : vendre à un marchand de biens ou passer par une agence
- Vendre un bien à rénover à Marseille, même avec gros travaux
- GNE Immobilier, marchand de biens à Marseille : qui sommes-nous
- Nos opérations à Marseille et en PACA
À lire aussi
