À Marseille, le type d’immeuble pèse souvent plus lourd que l’adresse sur le prix final. Un appartement haussmannien ou « trois fenêtres » du XIXe se vend au cachet, mais traîne le plomb, les planchers bois, l’humidité et le ravalement. Une copropriété béton des années 60-70 rassure avec son ascenseur et son parking, mais concentre l’amiante, les réseaux fatigués, les charges et un DPE médiocre. À surface et arrondissement équivalents, l’écart de prix se joue rarement sur le charme : presque toujours sur le montant des travaux et la santé de la copropriété.
Immeuble haussmannien, « trois fenêtres » : de quoi parle-t-on à Marseille ?
Marseille n’a pas d’haussmannien au sens parisien strict, sauf sur quelques percées : la rue de la République, ouverte sous le Second Empire, en est l’exemple le plus net. Ailleurs, le bâti bourgeois du XIXe prend une forme locale, l’immeuble à trois fenêtres : façade d’environ 7 mètres, profondeur d’environ 14 mètres, un appartement traversant par étage, pierre de Cassis ou de La Couronne, planchers en sapin. Formalisé par l’architecte Victor Leroy en 1847, ce type représente environ 20 % du bâti du centre : boulevard Longchamp, boulevard Chave, le Camas, les Cinq-Avenues, et en version plus cossue côté Prado et Périer.
Les vrais atouts à la revente
- Le cachet : hauteur sous plafond, moulures, cheminées, parquets, tomettes. Des arguments qui font vendre vite quand l’appartement est propre.
- Le traversant : lumière des deux côtés, ventilation naturelle. Un atout qui compte de plus en plus en été.
- La demande du centre-ville ancien. Sur le 13001 et le 13005, l’appartement tourne autour de 3 220 et 3 490 €/m², le 13004 autour de 2 920 €/m², le 13007 vers 5 050 €/m² (estimations à partir des ventes notariales DVF, 1er septembre 2026).
- La divisibilité : sur un plateau traversant, un professionnel voit souvent deux logements possibles, ou un T3 confortable là où il y a un T4 mal distribué.
Les contraintes qui font baisser l’offre
- Le plomb. Avant 1949, le CREP est obligatoire ; s’il est positif, sa validité tombe à un an et les travaux se compliquent.
- Les planchers bois. Sapin, grande portée, parfois affaissés ou attaqués. Les Bouches-du-Rhône sont en zone termites délimitée par arrêté préfectoral : le diagnostic est obligatoire, et reprendre un plancher est un poste lourd.
- L’humidité. Remontées capillaires en rez-de-chaussée et entresol, infiltrations en dernier étage sous toiture ancienne.
- Le ravalement. En secteur protégé ou aux abords d’un monument, l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France encadre matériaux et teintes : le coût grimpe, le calendrier s’allonge.
- L’absence d’ascenseur, qui fait perdre mécaniquement de la valeur au-delà du troisième étage.
- Les copropriétés anciennes, petites, parfois sans syndic professionnel et souvent sans fonds travaux suffisant. Un ravalement voté mais non financé change toute l’équation.
Recevez une offre d’achat ferme sous 48 h : demandez votre offre en ligne, ou appelez-nous au 07 60 66 74 38. Achat comptant, sans commission ni condition de prêt.
Les copropriétés des années 60-70 : ce que vend vraiment le béton
L’autre grande famille marseillaise, c’est la copropriété de la période 1960-1975 : le long du Prado-Michelet, à Sainte-Anne, Bonneveine, Saint-Barnabé, vers La Rose, et dans les grands ensembles des Trente Glorieuses. Béton, loggias, halls carrelés, résidences sur dalle avec espaces verts.
Ce qui plaît aux acheteurs
- L’ascenseur, presque toujours présent. Décisif pour les seniors et les familles.
- Le stationnement : garage, box ou place extérieure. À Marseille, un parking sécurisé se valorise très concrètement.
- Des plans fonctionnels et des balcons ou loggias : distribution rationnelle, cuisines et salles d’eau déjà dimensionnées, peu de démolition, vue mer ou collines selon l’orientation.
- Le rapport surface/prix : sur le 13009 (~3 130 €/m²) ou le 13012 (~3 390 €/m²), on achète des mètres carrés utiles pour un budget que le centre ancien ne permet plus (estimations DVF, 1er septembre 2026).
Ce qui coince
- L’amiante. Permis de construire avant le 1er juillet 1997 : diagnostic obligatoire. Dalles de sol, colles, conduits, flocages. Le repérage avant travaux et le désamiantage changent l’ordre de grandeur d’un chantier.
- Les réseaux. Colonnes d’eau, évacuations fonte, électricité d’origine : un diagnostic électrique ou gaz défavorable est fréquent.
- L’isolation et le DPE. Façades non isolées, simple vitrage résiduel, convecteurs : beaucoup de F et de G. La location est interdite pour les G depuis le 1er janvier 2025, pour les F en 2028, pour les E en 2034. Bonne nouvelle : la réforme du DPE de janvier 2026 a abaissé le coefficient de l’électricité de 2,3 à 1,9, et environ 850 000 logements chauffés à l’électricité gagnent une classe sans travaux (attestation de recalcul gratuite via l’ADEME).
- Les charges et le plan pluriannuel de travaux. Chauffage collectif, ascenseur, gardiennage, espaces verts : un acheteur compare le prix au mètre carré ET les charges annuelles. Et les montants votés en AG (ravalement, isolation, mise aux normes ascenseur) se répercutent immédiatement sur le prix négocié.
- Les copropriétés fragilisées. La Ville recense 87 grandes copropriétés (80 lots et plus) fragiles ou dégradées, dont 9 en programme de redressement, et quatre sites relèvent d’une ORCOD-IN (décrets validés par le Conseil d’État le 16 décembre 2025, 2 618 logements). Cela ne dit rien de votre immeuble : un acheteur professionnel lira simplement les PV d’AG et les impayés avant de chiffrer.
Haussmannien ou années 60-70 : lequel se vend le plus vite ?
L’ancien de caractère en bon état part plus vite : peu d’offre, beaucoup de demande sur les beaux plateaux du centre. Mais dès qu’il y a des travaux, le rapport s’inverse. Un « trois fenêtres » à rafraîchir dans une copropriété sans fonds travaux effraie les acquéreurs à crédit. Une copropriété années 60-70 saine, avec ascenseur et parking, se vend plus régulièrement même en DPE moyen : l’acheteur voit exactement ce qu’il achète.
Le marché marseillais s’est stabilisé après la baisse de 2023-2024, avec une légère reprise en 2026, mais les volumes restent en retrait (12 584 ventes en 2023, 10 850 en 2024 ; base DVF encore partielle pour 2025). Les biens sains trouvent preneur, les biens à travaux stagnent.
Comment un marchand de biens chiffre chaque type de bien
La méthode est la même dans les deux cas : on part du prix de revente probable une fois rénové, on retire les travaux, le portage, la fiscalité et une marge. Ce qui change, c’est le contenu de la ligne « travaux » et le niveau d’incertitude.
Sur un immeuble ancien du XIXe
On regarde d’abord la structure : planchers, fissures, humidité en pied de mur, toiture, cage d’escalier. Ensuite le CREP plomb, les termites, les décisions d’AG (ravalement voté ? ABF ? emprunt collectif ?). Le potentiel se joue sur la redistribution du plateau traversant. Rafraîchissement 250 à 500 €/m², rénovation complète 700 à 1 200 €/m², rénovation lourde 1 200 à 2 000 €/m² (fourchettes usuelles, août 2026 ; Marseille se situe environ 23 % sous la moyenne nationale). Détail des postes dans notre guide du coût de rénovation au m² à Marseille.
Sur une copropriété des années 60-70
On lit d’abord le carnet d’entretien, les trois derniers PV d’AG et le taux d’impayés. Puis l’amiante, l’état des colonnes, l’ancienneté du tableau électrique, la nature du chauffage. Le gros œuvre est rarement en cause, mais un appel de fonds voté pèse souvent plus lourd qu’un chantier intérieur. À l’inverse, un appartement bien orienté avec loggia et parking dans une résidence saine se rénove vite : électricité complète 80 à 120 €/m², salle de bain 5 000 à 12 000 €, cuisine 5 000 à 15 000 €.
La décote, dite franchement
Un marchand de biens achète sous le prix « marché rénové ». La décote se situe généralement entre 10 et 25 % selon l’état, la copropriété et le délai souhaité : elle finance les travaux, le portage, la fiscalité (TVA sur marge, engagement de revente au titre de l’article 1115 du CGI) et la marge. En face : achat comptant, sans condition suspensive de prêt, aucune commission à votre charge, bien repris en l’état, sans vider, sans rafraîchir, sans renégocier après chaque visite. Voir notre guide du statut de marchand de biens et vendre rapidement ou au meilleur prix.
Les erreurs les plus fréquentes des vendeurs
- Vendre le cachet sans traiter le dossier. Un beau plateau boulevard Chave avec un ravalement voté et non provisionné se négocie durement. Sortez les documents dès la première visite.
- Croire qu’un DPE F ou G interdit de vendre. C’est la location qui est visée ; à la vente, c’est le prix qui s’ajuste. Voir notre cas concret d’un DPE G dans le 13010.
- Commander les diagnostics au dernier moment. Le dossier doit être remis au plus tard à l’avant-contrat, et un diagnostic manquant fait perdre l’exonération de garantie des vices cachés sur ce point : notre récapitulatif des diagnostics obligatoires en 2026 évite les oublis.
- Sous-estimer le poids d’un arrêté. Un arrêté de mise en sécurité suit le bien et doit être porté à la connaissance de l’acquéreur : voir le guide pour vendre un bien dégradé et les registres sur marseille.fr.
Ce que nous rachetons dans les deux familles de bâti
Nous achetons régulièrement des plateaux « trois fenêtres » à redistribuer autour de Longchamp, du Camas et des Cinq-Avenues : souvent des successions, des indivisions ou des biens loués depuis vingt ans (voir le secteur Longchamp et Cinq-Avenues). Nous achetons aussi des T3 et T4 des années 60-70 avec parking vers Sainte-Anne, Bonneveine ou Saint-Barnabé, où le travail porte sur les réseaux, l’isolation intérieure et les menuiseries. Même rythme dans les deux cas : visite, offre ferme sous 48 h, signature en 3 à 6 semaines. Conditions détaillées sur notre page vendre un bien ; pour les règles générales, service-public.fr fait référence, et votre notaire reste l’interlocuteur pour l’acte.
Recevez une offre d’achat ferme sous 48 h : décrivez votre bien en deux minutes, ou appelez-nous au 07 60 66 74 38. Achat en l’état, comptant, sans commission ni condition de prêt.
Questions fréquentes
Un immeuble haussmannien se vend-il plus cher qu’une copropriété des années 60-70 ?
En bon état, oui : le cachet, la hauteur sous plafond et le traversant soutiennent le prix dans le centre. Mais dès qu’il y a des travaux lourds ou une copropriété sans fonds travaux, l’écart s’efface, voire s’inverse au profit d’une résidence avec ascenseur et parking.
Quels diagnostics diffèrent entre un immeuble de 1880 et un immeuble de 1968 ?
Avant 1949, le CREP plomb est obligatoire (illimité si négatif, un an si positif). Pour un permis antérieur au 1er juillet 1997, c’est l’amiante. Le reste est commun : DPE, électricité et gaz au-delà de quinze ans, termites, état des risques et pollutions, loi Carrez en copropriété.
Mon appartement est classé G : puis-je encore le vendre ?
Oui. L’interdiction issue de la loi Climat vise la location, pas la vente : depuis le 1er janvier 2025, un G ne peut plus faire l’objet d’un nouveau bail, les F suivront en 2028. À la vente, le DPE agit sur le prix. Vérifiez si la réforme de janvier 2026 vous fait gagner une classe.
Comment savoir si ma copropriété est considérée comme fragile ?
Regardez le taux d’impayés, le fonds travaux, les PV d’assemblée générale des trois dernières années et le plan pluriannuel de travaux. La Ville de Marseille recense 87 grandes copropriétés fragiles ou dégradées. Votre syndic doit pouvoir dire si l’immeuble est inclus dans un périmètre d’intervention publique.
Quel délai pour vendre à un marchand de biens ?
Après une visite, une offre ferme peut être remise sous 48 heures, et la signature chez le notaire intervient généralement en 3 à 6 semaines si les diagnostics et les pièces de copropriété sont disponibles. Ni condition suspensive de prêt, ni commission : le calendrier dépend de la complétude du dossier.
Par l’équipe GNE Immobilier, marchand de biens à Marseille.
